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En Suède, le sombre héritage des « bonbons du samedi »

Si les samedis suédois riment traditionnellement avec la consommation de friandises, cette pratique anodine cache une réalité bien plus sombre. Loin d’être un simple plaisir innocent, le rituel des « bonbons du samedi » soulève des questions de santé publique.

Une tradition suédoise aux origines lointaines

La tradition des « bonbons du samedi » remonte à plusieurs décennies en Suède. A l’origine, il s’agissait d’une mesure instaurée par le gouvernement dans les années 1950 pour limiter la consommation de sucre chez les enfants. Les friandises étaient autorisées uniquement le samedi, d’où leur nom. Malheureusement, cette restriction hebdomadaire a eu pour effet pervers de transformer le jour dédié aux sucreries en véritable orgie de bonbons.

Dans les faits, le samedi est devenu synonyme d’excès, voire même d’obsession pour certains enfants. Les rayons bonbons des supermarchés sont pris d’assaut et les quantités ingérées peuvent être impressionnantes. Pour beaucoup de familles suédoises, c’est une tradition que l’on se transmet de génération en génération.

L’enjeu de santé publique

Mais derrière ce rituel apparemment inoffensif se cache un véritable problème de santé publique. En effet, la consommation excessive de sucre est aujourd’hui reconnue comme étant à l’origine de nombreux problèmes de santé, parmi lesquels :

  • L’obésité
  • Le diabète de type 2
  • Les maladies cardiovasculaires
  • Les problèmes dentaires, en particulier les caries

Les professionnels de la santé tirent régulièrement la sonnette d’alarme sur ces dangers. Et pour cause, selon une étude publiée dans le Journal of the American Medical Association, les enfants suédois consomment en moyenne 67 grammes de sucre chaque samedi, soit près du double de la recommandation quotidienne de l’OMS.

Un dilemme pour les autorités

Faire face à ce problème n’est pas chose facile pour les autorités suédoises. D’un côté, il y a une tradition profondément ancrée dans la culture du pays. De l’autre, il y a des risques avérés pour la santé publique. Un véritable dilemme.

D’autant plus que cette tradition bénéficie d’une image très positive au sein de la population. Les « bonbons du samedi » sont associés à des souvenirs d’enfance heureux et insouciants. Il est donc difficile pour le gouvernement d’intervenir sans être accusé de vouloir gâcher les plaisirs simples de la vie.

La prise de conscience progressive

Mais malgré ces obstacles, une prise de conscience semble se faire jour. De plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer les dangers des « bonbons du samedi ». Des campagnes de sensibilisation sont menées, tant par le gouvernement que par des organisations non gouvernementales. Et certains parents commencent à limiter la quantité de bonbons consommée par leurs enfants le samedi, voire à leur proposer des alternatives plus saines.

La route est encore longue, mais ces premiers signes sont encourageants. Ils montrent que la Suède est prête à faire évoluer ses traditions pour préserver la santé de ses citoyens les plus jeunes. Le sombre héritage des « bonbons du samedi » pourrait bien être sur le point de connaître une révolution douce-amère.